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Existe-t-il
des normes générales aptes à guider |
Bien avant le code d’Hammourabi, bien avant les Commandements de
Moïse,
la sagesse des peuples l’a discerné et proclamé: la
loi de la jungle
n’est plus la loi tout court. Certes elle subsiste, progresse,
recule,
selon l’endroit et l’époque, mais doit de plus en
plus souvent se
camoufler.
La suite, comme l’a écrit le Juge Eva Joly, c’est “notre
affaire à
tous”.
Au fil des millénaires s’est définie une
certaine éthique de la
guerre (définir ne voulant certes pas dire
« respecter »!). Plusieurs repères (
formulés ou repris pour
certains par Thomas d’Aquin, Grotius dans son " De jure belli "
etc. ) sont très largement considérés comme
étant à la fois de bon sens, prudents, et encore valables
pour l’essentiel.
Ils concernaient la guerre, et plus généralement le
recours à la
violence dans les conflits entre collectivités. Ils semblent
être dans
une bonne mesure transposables à la lutte contre la corruption.
Plusieurs des conditions reconnues pour justifier une guerre semblent
de nature à “cadrer” les comportements à
adopter face à des tentatives
de corruption. C’est ainsi que l’on estime que pour
justifier une
guerre, il faut non seulement une juste cause mais aussi: respecter
certains critères.
1)L'idéal est clair: se refuser
à toute corruption.
Tous les codes - qu'ils soient éthiques, civiques, moraux etc. -
condamnent en effet la corruption, dans son principe tout comme dans sa
pratique. Mais la prudence fait aussi intervenir le principe du "moindre mal" ( de la
"proportionnalité des dommages"): que la lutte ne provoque pas
plus de maux qu'elle ne cherche à en éviter. Ce qui peut
fonder les décisions en conscience d'un patron de consentir
à une pratique "a minima" (soulignons le "a minima") de la
corruption dans la stricte mesure où la survie de l'entreprise,
trop d'emplois, a fortiori des vies humaines sont en jeu.
| - résistance
passive d’abord: veiller à se tenir à
l’écart; - résistance un peu plus active aussi: faire connaître clairement son opposition à la corruption; - et enfin: participer, dans un cadre organisé et collectif (syndicat professionnel par exemple) aux actions contre la corruption. |
En pratique, qu’est-ce que ceci veut dire :
La lutte contre la
corruption, est-ce affaire
- d’une action collective?
- d’une action individuelle?
1) Aux niveaux national et international,
les instances politiques - elles-mêmes affectées - ont
engagé de
nombreux programmes de prévention et de répression. De
vastes efforts
de réglementation et de coordination par des organismes
internationaux,
régionaux, nationaux sont engagés, mais n’en sont
bien souvent encore
qu’au niveau des accords de principe. La dérive est encore
loin d’être
jugulée.
Tout pronostic sur l’issue finale est encore affaire de
conviction plus
que de constatations.
Transparency International est une ONG qui consacre à promouvoir
les
mesures propres à faire reculer la corruption, et à en
suivre
l’avancement. Elle est aujourd’hui présente et
active dans près de 100
pays.
2) Dans de nombreuses professions,
il existe des associations de lutte contre la corruption, susceptibles
de donner des recommandations et des suggestions.
3) Un certain
nombre d’entreprises
d'entreprises pourraient mettre en place dans les temps qui viennent
des cellules " d'alerte " destinées à accueillir et
examiner, de façon confidentielle, les indications qui leur
seraient communiquées sur des activités suspectes (voir
ci-dessous : les " déclencheurs d'alerte ")
Nombre d'entreprises ont établi des "chartes" écrites
définissant l'éthique de la société. Les
pratiques sont-elles toujours conformes aux principes affichés ?
mais pour le moins ces textes sont des repères très
utiles, et, dans des situations délicates, peuvent constituer
des arguments de protection, vis à vis de collègues de
l'entreprise comme auprès de tiers extérieurs.
4) L’action individuelle.
L’objet
de la note ci-jointe est d’indiquer à chacun des moyens
d’éviter de
tomber dans les pièges de la corruption, ceci dans son
intérêt
personnel comme dans l’intérêt de ses proches.
Elle
s’adresse plus particulièrement à ceux qui
débutent une carrière
professionnelle
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Aux tactiques de ceux qui
ont besoin de la corruption, |
Il ne s’agit pas de se lancer dans des corps à corps
solitaires, mais
de trouver, cas par cas, la meilleure façon de résister
individuellement. Un “do it yourself” de la
“défense rapprochée”.
En posant tout d’abord quelques principes généraux,
puis en proposant
un jeu de méthodes adaptées aux diverses circonstances
Votre résistance individuelle ne vous interdit pas de
participer, par
ailleurs, à une action collective de lutte contre la corruption.
Cela
devrait au contraire vous y inciter. Par exemple dans le cadre
d’une
association spécialisée dans votre activité
professionnelle. Mais là, à
chaud, le meilleur service à rendre à la
collectivité, c’est de ne pas
vous laisser piéger.
Nous l’avons déjà signalé, la corruption
peut se présenter à vous selon
36 scénarios différents, mais au-delà de
ces 36 variantes, une
constante: pour vous, un seul objectif:
que faire pour éviter de se retrouver
pris
dans un engrenage,
peut-être sans même avoir réalisé ce qui se
passait.
Les " whistle-blowers "("déclencheurs d'alerte")
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Evoquons
un procédé qui a été
expérimenté aux USA et qui fait l'objet d'un début
d'application en France.
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