- Quelques mesures surtout défensives -


La connaissances des différents produits
Des mélanges douteux
"Dois-je parler de la drogue à mon enfant ?"
Prévenir des drogues - "Faire peur" ???
Si vous leur parlez de drogue, vous devez veiller à ne pas dire n'importe quoi
"Alors que dire si j'en parle ?"

 


Ce sont les premières auxquelles pensent beaucoup d'entre nous: c'est la seule raison pour les citer en premier pour écarter d'emblée l'idée que ce sont LES mesures. Car si certaines peuvent être parfois utiles, il serait tout à fait illusoire de les croire suffisantes.

 

La connaissance des différents produits?

Commencer par cela semble tout naturel à nos esprits cartésiens. Toutefois la connaissance par les jeunes des différents produits, de leurs caractéristiques, de leurs effets, de leurs inconvénients respectifs etc., n'est pas reconnue par tous comme une solution, et je crois que personne en tout cas ne prétend que ce soit une mesure suffisante.

Une étude publiée aux États Unis aurait confirmé que cette connaissance acquise pourrait inciter l'adolescent à passer à l'expérimentation. Pour compléter par des Travaux Pratiques leurs connaissances théoriques? Pour "frimer" auprès de leurs camarades? Ou parce qu'ils se croient experts et à l'abri du danger? On ne sait trop.

Comme vous le voyez, on ne peut parler là de certitude scientifique. Mais la connaissance détaillée des différentes drogues est sans doute plus utile à ceux qui exercent des responsabilités collectives (responsables d'établissements scolaires par exemple) qu'aux parents eux-mêmes et aux adolescents..

Et puis la drogue, il ne faut pas en faire "le caillou au milieu du chemin". La prévention, c'est autre chose.

 


Des mélanges douteux

Il est bien possible que vous en sachiez moins sur les drogues qu'ils ne croient en savoir. Mais tout initiés qu'ils puissent être, comment pourraient-ils être certains:
- des dosages moléculaires opérés par le fournisseur lointain, ( on estime que lla teneur en THC du haschish qui circule aujourd'hui est 10 fois plus importante que dans les années 70 ),
- des mélanges et des substitutions opérés discrètement par les fournisseurs. Ils sont tels - et si imprévisibles qu'il est impossible au modeste consommateur final de savoir ce que lui réserve chaque bouffée de tel joint, telle pilule, telle piqûre etc.

Et même sans mélange suspect, la consommation simultanée d'alcool, de tabac et de telle ou telle drogue ( "polytoxicomanies") produit des effets dangereux. Cet aspect doit aujourd'hui, impérativement, être souligné, et cela que l'on parle ou non des différentes drogues.

Et l'avertissement officiel du Général McCaffrey, en ce qui concerne la cocaïne, ne peut être négligé.


 

"Dois-je parler de la drogue à mon enfant?"

  1. Ne confondons pas: même 10 fois répétée la mise en garde n'est pas la prévention, cette attitude quotidienne des parents qui prépare l'enfant à trouver sa voie parmi les nombreuses sollicitations que la vie lui présente. Le pire serait de croire que puisqu'on "en a parlé", on a fait le nécessaire...

  2. Informer, mettre en garde, sont indispensables aussi (comment ne pas signaler un "virage dangereux", des "sables mouvants"! ); d'autant plus que circulent aussi bien des drogues présentées comme inoffensives que des drogues très violentes. Mais le choix du moment, la manière d'en parler, ont une grande importance.

  3. Quel que soit l'âge, il est nécessaire de répondre à toute question posée, en des termes adaptés à la maturité de l'enfant. Mais sans attendre qu'une question soit formulée, il y a quantité de spectacles, de circonstances, qui nécessitent le commentaire d'un adulte: mieux vaut le vôtre, même succinct; votre silence, à l'inverse, cautionnerait. Le cas échéant, reconnaître son ignorance et se renseigner (cf. Annexe – Quelques connaissances de base).

Faut-il devancer ces occasions ou ces questions? Constatons qu'à ce jour les avis sont encore partagés. Si vous choisissez de le faire, on peut tenir compte des points suivants :

    - Les enfants de 6 à 10 ans sont plus spontanément réceptifs. Il existe, pour les plus jeunes, des façons de parler des dangers de la drogue sans même en prononcer le môt. A titre d'exemple: dessinez un labyrinthe, un labyrinthe comme les autres avec son entrée, sa sortie, des itinéraires, mais...aucun qui permette d'aller de l'une à l'autre! Ceci familiariseavec la notion de jeu truqué, d'activité manipulée, où l'on ne peut que perdre. Le mot de drogue n'est pas prononcé, mais la notion ainsi enregistrée sera utile le jour venu ( cf. aussi § "Qui peut m'aider à ce stade ? » ). 
    - Les pré-adolescents:
    les mettre en garde, si cela n'a pas été fait plus tôt, est indispensable. C'est aussi un peu plus délicat, car ils n'agissent pas toujours de façon rationnelle; ils sont souvent moins sensibles aux inconvénients lointains qu'aux impulsions du moment. 
    - Une explication individuelle, personnalisée, peut limiter les risques d'une présentation collective, là où l'effet de groupe, en coulisses, ne joue pas forcément en faveur du bon sens.


 


Prévenir des dangers - "Faire peur"???


Mettre en garde contre les dangers de la drogue; voire: faire peur, c'est la solution à laquelle recourent bien souvent ceux qui ont charge d'éducation. Elle n'est peut-être pas sans lien avec la peur, bien naturelle, qu'ils éprouvent eux-mêmes pour leurs enfants, et qu'ils cherchent à leur faire partager. Aussi, distinguons:

- mettre en garde, en temps voulu, est à la fois non seulement justifié mais tout à fait nécessaire. ( En temps voulu également, et donc plus tard, il faudra les mettre en garde contre ces drogues versées à votre insu dans votre verre ).
- faire peur peut s'avérer efficace, mais cette solution présente à la fois des limites et des inconvénients. S'adressant à tout un groupe, si elle réussit à convaincre, elle sera utile au moins pour un temps.
Mais nous l'avons dit: la plupart des adolescents sont moins sensibles aux risques lointains qu'à l'attrait immédiat; et c'est un âge où l'on est enclin, un jour ou l'autre, à défier les tabous, à franchir les limites, pour se prouver, à soi même ou aux autres, que l'on est quelqu'un. Le tabou a quelque chose de fascinant: il peut être un repoussoir, mais aussi un appeau!
- forcer le trait, présenter comme des faits scientifiquement établis ce qui ne l'est pas, cela peut parfois réussir, convenons-en; mais c'est indéfendable: outre les inconvénient signalés ci-dessus à propos de "faire peur", un jour ou l'autre le jeune saura que vous avez exagéré - il ne manquera pas d'interlocuteurs pour le lui dire. Et ce jour là votre crédibilité sera évidemment compromise.

 
Si vous leur parlez de drogue, vous devez veiller à ne pas dire n'importe quoi

Si vous choisissez de leur parler "produits", "effets", gardez vous en tout cas de dire des choses inexactes. Croyant être plus efficaces, certains se laissent entraîner à cela, mais c'est une arme à double tranchant, et votre crédibilité peut y être gravement compromise. Si donc vous jugez bon d'en parler, documentez vous suffisamment pour ne pas dire d'erreur. Vous trouverez aux paragraphes « Annexe » et « Qui peut m'aider à ce stade ? » l'indication des lieux ou adresses où trouver l'information que vous recherchez, les documents ou ouvrages dont vous avez besoin, et les conseils de praticiens.

"Alors, qu'en dire, si j'en parle?"
  1. Tout dépend de l'interlocuteur, bien sûr ( âge, maturité, environnement etc); il n'y a pas de réponse standard. Et aussi important que ce que vous direz seront le ton et la manière de le dire, votre manière en somme d'être parents.
  2. Chercher à faire peur serait hasardeux, car par moments le risque fascine. Exagérations, inexactitudes, peuvent à un moment critique vous rendre moins crédible. Mieux vaut dire posément le pourquoi des interdits, pour qu'il soit enregistré.
  3. Informer sur la drogue, ce n'est pas en détailler chacun des dangers, des pièges, des produits.

C'est, sous une forme ou sous une autre,

c'est discuter bien davantage d'autre chose que de la drogue: du sens de la vie; de la vôtre; de la sienne.

 


Ceci étant dit, quels aspects évoquer? Chacun peut l'être, et par exemple:

- comment être bien dans sa peau; bien "dans sa tête";
- pourquoi on se drogue ( pourquoi on fume, pourquoi on boit! )
- ce qu'on peut faire quand on a un problème à résoudre; - l'illusion de la drogue: le plaisir éphémère; les diverses conséquences;
- la description physiologique des mécanismes de l'accoutumance et de la dépendance peut frapper les plus receptifs (cf. Annexe – Quelques connaissances de base);
- l'impuissance de la drogue à résoudre les vrais problèmes; les hauts et les bas de la vie; ces jeux où l'on ne peut que perdre;
- le pourquoi de l'interdit légal et des sanctions;
- les agissements des trafiquants (aidés consciemment ou non par le copain qui propose de la drogue) pour étendre leur clientèle.
- les sollicitations, indirectes (l'exemple, la convivialité du groupe), ou directes ("ça n'engage à rien", "c'est trois fois rien", "tous les types du groupe", "c'est super", "faut tout essayer", "pourquoi pas?", "chiche", "t'es pas capable", "minable" etc, etc);
- l'attitude à adopter dans tel ou tel cas. A qui en parler? Le rôle des parents, de l'école.

En fin de compte, face aux toxicomanies,
la défensive s'avère insuffisante:
prendre et garder l'initiative est un atout dans le jeu des parents.

D'où les suggestions qui suivent.

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