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- ANNEXE -
Quelques connaissances de base, 
qui permettent de comprendre " le pourquoi " des mesures suggérées

Les seules informations sur la toxicomanie qui seront reprises dans cette note le seront simplement dans la mesure où elles permettrent de mieux comprendre le sens des mesures de prévention. Si, sur tel ou tel autre point, vous éprouvez le besoin d'en savoir davantage, voir : " Pour se renseigner, pour être aidés "

A - Que se passe-t-il dans le cerveau de votre enfant?
B - Comment les choses se passent-elles autour de votre enfant?
C - Replacer dans l'histoire les épisodes "drogues"

A - Que se passe-t-il dans le cerveau de votre enfant?

Les mécanismes physiologiques d'action du cannabis
L'effet des opiacés 
Un texte qui fait autorité

Les mécanismes physiologiques d'action du cannabis


Nombre de pré-ados sont moins marqués par l'affirmation d'un tiers, quelles que soient sa compétence et son autorité, que par la compréhension et la démonstration d'un mécanisme. Leur conviction personnelle est alors plus solidement établie, et leur capacité d'argumentation auprès de leurs amis en est renforcée. C'est à eux que peuvent être bénéfiques les explications qui suivent.

On a appris bien des choses, au cours des dernières décennies, sur le fonctionnement du cerveau. Il y en a une qui nous intéresse particulièrement, c'est que notre organisme secrète en permanence des substance qui procurent bien-être et plaisir: la dopamine, l'endorphine en particulier. 

L'endorphine par exemple tire son nom de la morphine, dont elle mime l'action: Morphée, la divinité qui endort et calme. Elle joue un rôle vital car sans elle les sensations transmises par nos sens nous seraient intolérablement douloureuses. Elle est là pour les "filtrer", les tempérer; n'en laisser passer, en temps normal, que la quantité juste suffisante pour nous informer de ce que nos sens ont perçu, et nous permettre de réagir en conséquence. 

Mais c'est un autre rôle de ces molécules, leur rôle "récompensant", qui va surtout nous être utile. De quoi s'agit-il? Eh bien chaque fois que l'homme réussit quelque chose qu'il a entrepris de faire, son organisme le récompense en sécrétant une rasade supplémentaire de ces molécules récompensantes.

Et ceci qu'il s'agisse d'un simple geste comme de tenir son verre sans le renverser, ou de la réussite d'un grand projet qui nous tenait à coeur. Ce sont ces molécules qui provoquent alors - selon l'importance du succès remporté - une légère bouffée d'alacrité, ou encore un bonheur plus durable. D'une certaine manière, être inondé de joie, c'est... être inondé d'endorphine et de dopamine! 

Sans cette récompense naturelle, aurions nous pris goût à la vie? goût à la réussite? goût à l'action? Car de façon moins bien connue mais quelque part dans le cerveau, l'organisme conserve la trace et le souvenir "d'actes récompensants", comme une saveur naturelle de la réussite, qui subsiste et imprègne profondément notre personnalité. Et qui, bien évidemment, ne pousse pas à la recherche de compensations toxiques, bien au contraire!



Les effets, passagers ou durables, de ce mécanisme "d'auto-récompense" sont fondamentaux. Ils éclairent les suggestions présentées sur ce site. Car c'est là une source naturelle et intarissable de bien-être, d'équilibre, de bonheur naturel. Qui déborde les limites inévitables des récompenses/punitions parentales. Cette force intérieure, on peut apprendre à la faire jouer au profit de l'épanouissement de l'enfant; elle le rend plus apte à trouver sa voie parmi les sollicitations de toutes sortes que la vie va lui apporter.

La drogue la plus présente en milieu scolaire est le cannabis, également nommé haschich, joint, pétard, marijuana, herbe, pot, beuh, ganja, shit, hasch, teuch etc (sous des formes et des densités en THC - la molécule active - diverses et très imprévisibles).
Le cannabis est la drogue la plus présente, mais ce n'est pas non plus la seule. 
Mais de toute façon, le problème est bien moins dans le produit, que dans les dispositions de celui qui en fait usage.



L'effet des opiacés (morphine, héroïne etc.)
 

La plupart des drogués ont commencé par fumer du cannabis (shit, haschisch etc.). Mais il n'y a pas de véritable dépendance physiologique à ces dernières, ni escalade inévitable à d'autres drogues. Par contre les motivations psychologiques (cf. plus loin) ou sociales (cercle de relations) qui ont conduit à de premières expériences peuvent évidemment, si elles persistent, en entraîner la répétition et inciter à l'escalade.

Si escalade il y a, comment évoluent les choses? Prenons l'exemple des opiacés. Leur effet sur l'organisme dépend de bien des facteurs: produit, quantité, individu etc. Les mécanismes sont analogues à ceux de la dopamine, dont les molécules opiacées vont, entre autres, "squatter" les récepteurs, mais non sans affecter gravement l'équilibre de notre "écosystème":

1) Le plaisir: d'emblée, le nombre de récepteurs ainsi "squattés" par la drogue est bien plus élevé: toute sensation pénible est stoppée en route; aussi ne peut-on plus parler d'une simple alacrité mais, pour quelques heures, d'une euphorie bien plus vive, voire d'un plaisir intense.

2) La perception des messages reçus du monde extérieur est fortement altérée, voire interrompue, du fait que les "lignes de communication" entre neurones se trouvent ainsi saturées. Troubles de l'attention, de la mémoire.

3) Le comportement s'en trouve d'autant plus déréglé - parfois dramatiquement - que les ordres provenant du cerveau ne sont plus transmis aux muscles par les neurones avec la même sûreté. Accidents de la circulation, comportements inadaptés, assoupissements. 

4) L'accoutumance: l'organisme ne reste pas passif devant cet afflux de molécules importées. Les récepteurs se multiplient et, à dose identique, la drogue procurera moins de plaisir la fois suivante; ce qui entraîne à augmenter ces doses de plus en plus.

5) La dépendance: devant cette abondance, l'organisme a suspendu les sécrétions naturelles de dopamine, et multiplié le nombre des récepteurs de la molécule. De ce fait, dès qu'une dose a fini d'agir, il n'y a plus ni drogue ni dopamine pour filtrer les sensations: c'est le "manque", et des souffrances souvent atroces (il existe maintenant des moyens d'atténuer cette souffrance) qui rendent très difficile l'abandon de la drogue. Il faudra 4 à 5 jours avant que l'organisme retrouve un rythme normal de sécrétion d'endorphine.

6) La dépendance psychologique est beaucoup plus difficile à éradiquer. Car le souvenir des "récompenses" exquises procurées par la drogue reste enregistré, et resurgit au moindre manque de tonus. Surtout si par ailleurs l'individu et son organisme n'ont pas accumulé le souvenir de ces récompenses naturelles que dispense la dopamine après toute réussite d'un acte volontaire.

7) Le comportement social est lui-même affecté par ces phénomènes physiques et psychiques: avant même le relâchement - voire le naufrage - de ses études, le jeune se trouve facilement amené à faire groupe avec les autres jeunes qui tâtent de la drogue ou s'y adonnent. C'est un groupe à risque, une voie à risque, qui peut conduire de proche en proche à chapardage, vol, trafic, prostitution, violences, sida etc. Et tout comme les souvenirs emmagasinés, les amis, tôt ou tard, reviennent et relancent... On peut parler de dépendance sociale ". Et quid de cette fêlure intime que provoque le long refus de s'avouer à soi-même un esclavage déjà manifeste aux yeux des autres?

8) Les organes eux-mêmes sont vulnérables aux effets nocifs (certains instantanés, certains irréversibles, certains mortels) des drogues et/ou des mélanges, manipulations, etc., auxquels elles sont exposées.
 


 

Un texte qui fait autorité

Plutôt que de s’aventurer dans des explications incertaines, il est plus sur de se référer à des autorités scientifiques que des profanes seraient mal qualifiés pour contester. Voici les conclusions de l’Académie Nationale de Médecine – et de trois autres institutions - sur le haschisch/cannabis (le produit “d’appel” le plus courant en milieu scolaire et universitaire):


 

 Position de l'Académie Nationale de Médecine sur le cannabis

( communiqué adopté le 27 mai 2003 au nom de la commissions V: troubles mentaux, toxicomanies)
( bull.acad.ntle méd. 2003, 187, n°5, 1019)


Le dernière décennie a été marquée par d’importants progrès dans les domaines épidémiologique, neurologique et clinique concernant la consommation de cannabis.
La récente expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale « Cannabis : quels effets sur le comportement et la santé ? » en a réalisé la synthèse.
Pour sa part, l’Académie nationale de Médecine a exprimé à plusieurs reprises son inquiétude face aux modifications récentes qualitatives et quantitatives de cette consommation et à leurs conséquences.
A ce propos, elle a dopté à l’unanimité le 22 octobre 2002 un communiqué émis conjointement avec l’Académie nationale de Pharmacie ainsi que les Ordres nationaux de Médecine et de Pharmacie.
L’attention des pouvoirs publics y a été notamment attirée sur la nécessaire promotion de mesures concrètes mettant la population en garde contre toute banalisation de l’usage de cannabis.
A cet effet, il apparaït essentiel que soit diffusée une information objective sur les altérartions de la santé que peut entraîner sa consommation.
Les enquètes les plus récentes indiquent cependant que la population et, en particulier, les jeunes, font part d’un grand désarroi lié à la diffusion d’informations souvent biaisées et ayant pour effet de contrecarrer les efforts de prévention, lesquels ne peuvent être efficaces que si les messages sont cohérents, répétés et scientifiquement validés.
L’argument le plus souvent cité pour justifier la banalisation du cannabis est que la consmmation serait beaucoup moins dangereuse que celle de l’alcool ou du tabac.
Nul ne saurait nier que les conséquences de la consommation d’alcool, de même que celle de tabac sont, pour l’instant, beaucoup plus sévères ( notamment en terme de mortalité ) que celle de cannabis et qu’il est donc indispensable que les efforts de prévention concernant alcool et tabac soient non seulement poursuivis mais intensifiés.
Cependant l’usage de cannabis ne résulte pas d’un libre choix délibéré des adolescents et des jeunes qui les conduirait à consommer de l’alcool et du cannabis en lieu et place d’alcool/et/ou de tabac. Les données épidémiologiques françaises et étrangères ont établi, en effet, qu’aussi bien la simple « expérimentation » que la consommation régulière ou intensive de cannabis ont généralement été précédées et sont accompagnées de l’usage de tabac et d’alcool.
Le cannabis ne fait donc, dans la plupart des cas, qu’ajouter ses conséquences nocives à celles du tabac et/ou de l’alcool.
Il convient de souligner encore que le cannabis étant le plus souvent fumé en associiton avec le tabac n’est pas un moyen de lutter contre la consommation de ce dernier.
Il ne fait qu’ajouterr son propre pouvoir cancérogène, lequel est particulièrement élevé, à celui du tabac.
D’autre pat, les travaux expérimentaux récents indiquent que le cannabis est susceptible d’augmenter l’appétence envers l’alcool.
Sans se substituer aux actions concernant l’alcool et le tabac, les messages de prévention doivent donc éviter de contribuer à la banalisation d’une troisième substance psychoactive, le cannabis, dont l’usage se surajouterait dans la plupart des cas aux deux autres.
Le concept de comparaison de la dangerosité des drogues largement repris par les médias apparaît dans cette optique particulièrement nocif et inadapté.
La plus grande vigilance doit être exercée à cet égard.

L’Académie, saisie dans sa séance du mardi 27 mai 2003, a adopté le texte de ce communiqué à l’unanimité.

Rappelons aussi que détention et usage de cannabis/haschisch sont interdits par la loi.

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B - Comment les choses se passent-elles autour de votre enfant?

On verra successivement :

" Dans quelles circonstances, à quelle occasion, mon enfant en viendrait-il à se droguer?"
"Les risques extérieurs: puis-je les éviter?"
" Pourquoi mon enfant en viendrait-il à se droguer?"


Comment les choses se passent-elles dans le "périmètre rapproché" de ses contacts et échanges, là où la drogue vient au devant de lui?
Ce que l'on sait du haschich (cannabis, joint, marijuana ) permet de répondre, au moins en partie, à cette question, et c'est justement le haschich qui concerne le plus l'âge scolaire.

Le haschich circule largement autour de nos enfants. "Plus de la moitié des lycéens connait une ou, plus souvent, plusieurs personnes qui consomment des drogues illicites (dans la moitié des cas, il s'agit de jeunes du même âge). Plus du tiers des lycéens et presque la moitié dans la capitale s'en sont déja vu proposer" (1). Ces indications datent de 1991 et on peut penser que la publicité donnée depuis aux problèmes de drogue a entraîné une augmentation très sensible de ces chiffres.

La drogue n'est plus pour nos enfants une réalité lointaine; elle s'est maintenant rapprochée (cf. en page de garde les chiffres de l'INSERM sur la consommation de haschich parmi les enfants d'âge scolaire à partir de 11 ans). Certes la plupart d'entre eux fument 1 ou 2 joints...et laissent tomber, mais le tiers environ de ceux qui en ont fumé en sont à leur dixième cigarette ou davantage. Ceux là sont engagés sur une voie à risque. Car 3 à 4% de ceux qui ont commencé deviendront dépendants; et pratiquement tous les toxicomanes ont commencé par le haschisch.

Et la toxicité de celui qui circule aujourd'hui tend à augmenter.

Toute consommation de drogue
- quelle que soit cette drogue -
est dangereuse.

 


Dans quelles circonstances, à quelle occasion,
mon enfant en viendrait-il à se droguer?"

"C'est l'offre de drogue par les pairs qui induit les premières consommations"(1). Quant aux circonstances de cette première cigarette de haschich - qu'elle ait été la dernière ou non::

- "l'expérience la plus fréquente s'est déroulée au cours d'une fête, d'une réunion entre amis"(2). L'euphorie passagère procurée par le haschich passe pour une sympathique convivialité. "60% des filles ont fumé leur premier joint lors d'une boum;...ce pourcentage tombe à 27% pour les garçons..."

- "Beaucoup de garçons ont été initiés au lycée, par un camarade de classe";
- les vacances?: "L'occasion fait le larron";
- les spectacles? "L'on y vient avec son propre shit, car le deal est rendu difficile par la présence de plus en plus fréquente de la police";
- et aussi de temps à autre: un frère, une sœur, un cousin, le meilleur ami. Sans penser à mal peut-être même.

"La consommation de drogues des adolescents scolarisés est peu liée à la situation sociale et scolaire, les jeunes de tous lieux et de tous milieux peuvent être concernés. Mais les plus âgés, ceux qui "sortent" (café, boite de nuit, traînent dans les rues) et qui expriment une grande insatisfaction -scolaire ou familiale- sont nettement plus en risque que les autres" (INSERM).
On le dit souvent: "Les jeunes dont les parents sont séparés (par divorce ou décès) sont deux fois plus touchés que les autres". Et c'est vrai (INSERM), mais... les autres sont touchés aussi!
N.B. Les données et statistiques en ce domaine sont à prendre avec beaucoup de prudence et de réserves. 

Sources citées: (1) INRP "Tabac, alcool, drogues illicites" 1995- (2) Yannick Laudé: "La drogue à 'école".


 

"Les risques extérieurs: puis-je les éviter?"

Non, car le danger peut se présenter n'importe où, et la réaction de l'enfant est en partie imprévisible. Plutôt que de se leurrer de l'espoir d'un "monde aseptique", il faut préparer l'enfant à vivre dans le monde tel qu'il est! Et à en reconnaître les risques quand ils se présentent.

Encore n'êtes-vous pas totalement sans prise sur son propre univers, par les choix que vous faites:

- pour lui;
en le guidant par:
.les amis que vous lui faites connaître;
.les questions et activités auxquelles vous l'intéressez;
.les lieux et milieux de vacances, de distraction?;
.les émissions et spectacles que vous mettez à sa disposition;
.le collège ( quand... on en a le choix! ).

- ou pour vous. Juge-t-il comme vous les jugez:
.l'usage qu'il vous voit faire du tabac, de l'alcool, des médicaments...?
.votre vitesse au volant...! Une "drogue" comme une autre.
.les exemples que vous mettez sous ses yeux, les amis que vous fréquentez. Autant de références qui le structurent. Cette image, ce type d'hommes, peuvent le convaincre et lui donner envie de suivre une voie comparable - ou non!

Et puisqu'il n'est pas possible d'éliminer tout risque extérieur,

l'essentiel,
c'est d'armer nos enfants contre ces dangers.

 


 

Pourquoi mon enfant en viendrait-il à se droguer?"

Les causes immédiates possibles d'une première prise, ou des premières, sont innombrables! Par exemple: 

- les autres: les camarades, convivialité du groupe; difficulté de "ne pas faire comme les autres", exemple, ou proposition innocente ou pas, d'un copain, vieux ou nouveau; désir d'être reconnu par tel groupe ou telle personne, etc. Ou n'importe qui: une rencontre, dans un groupe, dans la rue, etc.
- vous-même: et votre propre attitude: pour chercher ailleurs une chaleur qui lui manque, ou pour échapper à un conformisme trop strictement imposé; par défi, révolte, rejet de l'image qu'il a de vous, etc. 
- et presque toujours: l'enfant ou l'adolescent lui-même: manque d'intérêt pour son quotidien; vague à l'âme, moment d'ennui, de faiblesse, d'excitation; manque de confiance en soi, de pratique, pour élaborer et soutenir son opinion propre; sentiment d'être mal dans sa peau; goût du risque; désir "d'épater"; sentiment d'échec ou de solitude; curiosité, envie "d'autre chose", etc.
On peut imaginer cent autres circonstances, selon les âges, les conditions de vie, etc. Elles sont trop variées pour qu'on puisse les recenser:

aussi, en fin de compte, s'avère-t-il plus utile de connaître les moyens de prévention, et de les mettre en oeuvre.

( On a vu par ailleurs : Comment savoir s'il se drogue ? )


 
C - Replacer dans l'histoire les épisodes "drogues"

La drogue fait partie des challenges de l'époque. Resitué dans l'histoire, certains adolescents peuvent trouver, dans ce challenge lui-même, intérêt et raisons d'être et d'agir. 

D'autres pays, d'autres époques, ont connu des épisodes de ce type. Nous connaissons tous les méfaits de l'opium en Chine. L'Egypte aussi semble avoir été affaiblie par le haschisch à l'époque de la campagne de Bonaparte; c'est ainsi en tout cas que les médecins et les savants amenés par ce dernier expliquent l'apathie des populations. rencontrées (le texte des Mille et une Nuit permet d'ailleurs d'établir une relation entre les exhalaisons du haschisch et la sensation de "tapis volant"). Il se pourrait que l'origine de cette pratique soit liée à l'interdiction de l'alcool par le Coran ( alors que la drogue n'y est pas explicitement évoquée ).


En ce qui nous concerne, l'origine du mal remonte - pour une part significative - aux découvertes de la seconde moitié du XIXème siècle; celles qui sont ont généré la révolution industrielle et scientifique. A cette époque furent également mises au point les méthodes qui permettaient les découvertes; la "méthode expérimentale", en particulier. D'où à l'époque une activité intense, un formidable développement industriel, économique, démographique (en 100 ans, la population de l'Europe a plus que doublé!).

Cela ne se fit pas sans erreurs et sans fautes. Dans certaines régions, dans divers secteurs - textiles, mines par exemple - se sont développées des poches de misère dont Dickens ou Zola ont décrit l'horreur. Y prirent naissance, en Europe même et en Russie, des idéologies nouvelles, sources de luttes à mort où se joua la survie de l'occident libre. 

Urgences différentes, concessions arrachées, intoxication: il est inutile de rappeler combien se sont alors brouillées les "valeurs" traditionnelles depuis longtemps élues par l'Occident. Les trop nombreuses entorses faites par nous-mêmes à ces valeurs ont du reste été utilisées, du XVIII au XXème, pour les discréditer. Sans oublier toutefois que nombre de valeurs en sont sorties plus clairement identifiées, "institutionnalisées" - sinon toujours respectées; ainsi des droits de l'homme, des solidarités régionales etc. 

Conséquence: même si tous les sondages confirment l'attachement majoritaire des jeunes aux valeurs de la famille, du travail, de l'amitié etc., nombre d'entre eux, dans cet univers aux repères plus incertains, sont de façon plus ou moins durable, démotivés; ne croient pas à grand chose, si ce n'est la satisfaction immédiate de leurs envies. Leurs parents ont souvent hésité à leur inculquer ces valeurs controversées, ou ne savent trop comment s'y prendre avec des jeunes différents. Drogue, violence poussent comme ronces 
et chiendent sur ces friches.

C'est bien sur une plaie majeure de l'époque. Mais aussi: un challenge, l'occasion - selon un Shakespeare bien facile à traduire :

    "To die, to sleep...
    Or to take arms against a sea of troubles,
    And by opposing, end them!"


Ce long détour par l'histoire était-il nécessaire? Oui et non: dans le traitement des complexes, il est souvent nécessaire que l'intéressé voie d'où procède le mal qui l'affecte. Et surtout la conscience d'un challenge peut ne pas laisser indifférent à l'âge où l'on est souvent porté à braver, à défier, à reconstruire le monde.

 


 


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