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- Annexe documentaire - |
A voir ci-dessous :
S’il y a augmentation de la corruption, à quoi
cela vous semble-t-il du ?
La corruption a-t-elle des effets sur la société ? Quels? Pourquoi?
De quels moyens nouveaux la justice dispose-t-elle aujourd’hui ?
Quels effets la pratique de la corruption peut-elle avoir sur la
personnalité?
S’il y a augmentation de la corruption
( dans le monde des affaires et dans le monde politique )
à quoi cela vous semble-t-il du ?
Des raisons tenant au
milieu
Cette augmentation est liée à la croissance explosive de l’après
guerre. Citons notamment:
- développement des échanges,
- mondialisation,
- concurrence accrue,
- décentralisation administrative. Dans le secteur privé: de la
pratique accrue des délégations;
- nécessité de “blanchiment” de l’argent sale
- “balkanisation” des compétences judiciaires dans un univers
mondialisé;
- excès mêmes de formes dévoyées du libéralisme,
- coût des campagnes électorales
- écroulement ou émergence de régimes totalitaires,
- croissance des trafics de stupéfiants, de femmes, d’armes, de
matériaux nucléaires etc.
Et encore âpreté et coût des luttes idéologiques, politiques,
électorales etc.
Et aussi recul des valeurs traditionnelles; de l’hédonisme de l’époque.
De nouveaux moyens techniques
La corruption tire parti :
- de l’instantanéité des transactions,
- de l’empilage des sociétés et des paradis fiscaux,
- de la complexité accrue de beaucoup d’opérations, qui rend les
contrôles difficiles
- des lenteurs de la justice;
- et, bien évidemment et comme toujours, de tout vice de procédure.
La corruption a-t-elle des effets sur la
société ?
Quels? Pourquoi?
Mentionnons - comme une
curiosité! - que pour certain
néo-libéralisme radical, la corruption serait économiquement justifiée
parce que permettant une “redistribution des rentes de situation”.
Mais, même en s’en tenant à cet aspect économique, même en ignorant les
aspects éthiques, cette vue est incomplète et erronée, car la
corruption n’est pas simplement “un jeu à somme nulle” où l’un
gagnerait ce qu’un autre perd.
En c’est parce qu’elle a des effets économiques et sociaux néfastes
qu’elle a été jugée condamnable, et condamnée. En effet:
1) En faussant les règles d’une concurrence normale, la corruption
incite à la recherche de gains faciles au détriment du progrès
scientifique, technique, économique, qualitatif, écologique, humain.
Elle compromet donc les avantages que l’on attend d’une économie de
marché.
On a déjà signalé que selon « l’indice
de perception de la corruption » de “Transparency
International” les pays les plus performants dans la durée s’avèrent
être également ceux où la corruption est la moins répandue.
2) De plus en créant des rentes non justifiées (alors que l’extrême
pauvreté est visible de tous), en spoliant un individu ou la
collectivité tout entière, elle se substitue à l’état de droit et le
déconsidère. Elle sape le minimum de confiance nécessaire à
l’équilibre social et au développement.
3) Mentionnons aussi la banalisation: le mal atteint
aujourd’hui une ampleur telle que la probabilité pour chacun d’être
rejoint par ses métastase, à un moment ou un autre de sa vie
professionnelle, est plus qu’élevée.
Elle est aujourd’hui si répandue que divers organismes ont entrepris
d’évaluer
la part du PIB mondial contaminé ou contrôlé par la corruption
et/ou les mafias (*). Tâche difficile, car l’essentiel est occulte.
Mais on s’accorde généralement à reconnaître qu’elle met en cause
aujourd’hui un beaucoup plus grand nombre de bénéficiaires, d’acteurs,
de comparses qu’auparavant. De nombreux indices étayent cette thèse.
4) La corruption entraîne des dérives criminelles ou mafieuses.
En effet, en cas de danger, elle peut se laisser entraîner dans une
escalade de pressions, de menaces, de chantage. Parfois de meurtres?
Ces effets pervers ont provoqué l’amorce d’une réaction. L’opinion
publique y est sensibilisée (affaire Elf etc.). Aux niveaux national
comme international, les instances politiques - elles-mêmes affectées -
ont engagé certains efforts de prévention et de répression. Mais la
dérive est loin d’être jugulée. Tout pronostic sur l’issue finale est
encore affaire de conviction plus que de constatations.
De quels moyens nouveaux
la justice dispose-t-elle aujourd’hui ?
L’aggravation
de la corruption a provoqué une escalade impressionnante entre elle et
la justice. Pour la justice, une stratégie de débordement. Pour la
corruption, une stratégie d’évitement. Toutes deux de plus en plus
élaborées.
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1)
La loi détaille ce qui est autorisé, obligatoire, condamnable.
Ceci dans de nombreux domaines: droit pénal, code du travail,
responsabilité civile, droit administratif, fisc; voire droit criminel
lorsqu’il y a complicité ou recel d’activités qualifiées comme telles
par la loi ( la multiplicité de ses exigences pousse même parfois à la
fraude! ). L’inventaire des textes déborderait le cadre de cette note. Mais toute pratique qui vous inspire un doute, vous pouvez considérer a priori qu’un texte la concerne, et si entorse il y a, la sanctionne. Certes il y a des différences, mais ce guide écrit est une référence à consulter en cas d’hésitation (comme la Charte de votre entreprise, s’il en existe une). |
2) Des “instruments” - Plus qu’avant, la justice a recours à
ces “instruments” que sont les notions de complicité et/ou recel d’abus
de bien sociaux, de “pactes” de corruption (un simple échange de
phrases ambiguës, qui peut dire comment le juge le qualifiera?), de
“complicité/recel d’abus de biens sociaux; de non-déclaration des
mouvements suspects de capitaux, de non-dénonciation de certains délits
etc.
Et certains juges:
- font preuve d’une détermination accrue dans l’usage et de la
détention provisoire, de la médiatisation des affaire etc.
- provoquent au niveau international des contacts de magistrats en vue
de promouvoir des moyens pour renforcer l’action de la justice.
| 3)
Les sanctions prévues vont jusqu’à des années de liberté et des
années de salaire, des interdictions diverses de droits et d’exercice.
Au civil et au criminel, les sanctions peuvent aller bien au delà. Idem
lorsque des fonctionnaires ou mandatés de l’État sont impliqués. Et des effets induits non négligeables sur le curriculum vitae, la réputation, les relations, les casseroles à vie etc.; et la personnalité elle-même. |
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4) Mais
cela pourrait-il concerner des néophytes ?
On n’imagine guère le néophyte concerné par ces extrêmes. C’est une
erreur. C’est une proie tentante, relativement plus facile, et qui peut
être très utile! Cf. les réponses à la question
De quels pouvoirs un jeune dispose-t-il qui
puissent intéresser un corrupteur? et les "conséquences d’une
implication éventuelle"
Quels effets la pratique de la corruption
peut-elle avoir
sur la personnalité ?
La
personnalité elle-même peut se trouver durablement marquée. Des études
psychosociologiques sur le sujet seraient peut-être intéressantes, mais
nous n’en avons pas trouvées.
A défaut - et sous toutes réserves - il semble que l’on puisse évoquer
les points suivants.
Le dictionnaire l’indique: corruption est aussi synonyme de
dégradation, d’un certain pourrissement intérieur. Cette dégradation
est liée à l’accomplissement formel d’un acte contraire à l’éthique,
bien sûr, mais plus encore et surtout, au degré de complaisance ou
d’acquiescement intime donné à cet acte, notamment face à d’éventuelles
pressions et/ou menaces.
1) Un peu de cynisme,
un peu de mépris. En effet consciemment ou non, s’opère un travail
intime d’auto-justification. Une sorte “d’élastification” de la
conscience: “Je n’ai pas pu l’éviter: je ne suis donc coupable de
rien”. A un certain stade, cela peut biaiser la relation avec la
vérité (“Je ne suis pas coupable et cela a marché: en somme, c’est
plutôt bon”). Laisser moins de place à la corruption apparaît
«totalement irréaliste». On est porté à juger que la juste frontière
entre réalisme et malhonnêteté se trouve précisément…là où on l’a mise
soi-même.
2) Et biaiser aussi le regard sur les autres: “Eux n’ont pas
pigé; ou pas osé! Intelligents ou imbéciles, en tout cas pas déniaisés!
sans envergure. Un autre monde ! C’est leur affaire”. Et tout
parait clair, et porte à se voir quelque peu au dessus du vulgaire.
Et ce d’autant plus que ceux qui n’ont pas vécu pressions ou menaces
sont naturellement enclins à formuler sur tous acteurs et tous actes
des jugements expéditifs et sans nuance,. pas forcément convaincants.
Ce “gauchissement” du jugement sur les faits et
sur les hommes, c’est une boussole faussée; un mécanisme
“d’auto-corruption”, qui peut - sauf à en convenir - s’avérer plus ou
moins actif selon les circonstances.
3) La conscience, ou
l’intuition, d’une cohésion rompue (corrompre, c’est aussi “rompre”)
peut se masquer en cynisme plus affiché;’auto-corruption comme
elle peut susciter un besoin instinctif de nouveaux succès,
pour conforter une “bonne-conscience” que viennent parfois agacer comme
des flashes de doute ou de lucidité. Car subsiste probablement, plus ou
moins efficacement refoulée, une certaine nostalgie de l’unité perdue.
4) Pour un même individu, la corruption peut rester cantonnée à l’une
des sphères de son activité (tel cercle de relations professionnelles
et pas tel autre; ou la sphère professionnelle et pas la vie privée,
par exemple) comme elle peut s’étendre de zone en zone. Les
effets induits sur la personnalité (perception de la vérité, jugement
sur les autres) peuvent-ils rester cantonnés?
Beaucoup dépend sans doute des dispositions initiales. S’agissait-il
d’un trébuchement occasionnel, tôt sublimé en vigilance plus
éveillée ? Ou d’une faiblesse, et d’une autre, et d’une autre? Ou
d’un « basculement »plus ou moins conscient mais avide et
résolu, à la façon d’un personnage stendhalien ?
D’autant plus que si l’on se trouve plus tard acculé à se protéger, le
précédent pousse à bien d’autres compromissions: diffamation,
affabulation, délits divers etc.
5) À l’inverse, d’autres garderont longtemps un complexe de
culpabilité, de “chien battu”.
Et si ces divers effets seconds ne sont certes pas réservés à la
corruption, celle-ci n’en est pas pour autant exempte.
Au fond la corruption progresse dans l’intime de l’individu comme au
sein de la société civile: par ses métastases. Et du reste les
protocoles de traitement ont un point commun: aucun ne saurait aboutir
aussi longtemps qu’on nie la présence du mal, et qu’on se refuse à y
voir le dévoiement de processus très naturels.
Tout tribunal ajouterait qu’il convient de s’employer à compenser le
dommage ainsi causé…
Les générations qui viennent ne trouveront pas ces problèmes totalement résolus. Dès maintenant, leur attention, leur vigilance, leurs idées sont nécessaires. Comme le dit le Juge Eva Joly, c’est désormais
Vous-même, qu’en pensez-vous? Risquez-vous à exprimer une première suggestion? ? En cliquant sur cette boite aux lettres :
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