Regardez où vous mettez les pieds !

Il est bon d’avoir une idée des points suivants :
- les pays où la corruption est le plus répandue
- les professions où la corruption est le plus répandue
- les secteurs à risque, faut-il éviter de s’y engager ?

En France, la corruption vous parait-elle relativement peu
ou, au contraire, très répandue?
Quelles sont les zones géographiques où la corruption est plus répandue qu’ailleurs? Et pourquoi?

Dans nombre de pays la corruption est de pratique courante

Parfois parce que cela correspond à une certaine conception de l’État, où le chef d’état, plus ou moins traditionnellement, est en quelque sorte considéré comme propriétaire de son pays; il rémunère peu ses collaborateurs, du ministre au policier, mais tolère que ceux-ci complètent leurs revenus en faisant payer leurs services par l’usager. Une pratique “coutumière”, dit-on parfois.

On remarquera que d’une façon générale les pays les plus avancés semblent être précisément ceux où la corruption est considérée comme étant la moins présente, manifestant une certaine corrélation entre développement durable et transparence des transactions. C’est ce qui ressort de l’enquête de Transparency International (cf. le tableau ci-dessous, et voir plus bas la «Brève note méthodologique sur l’IPC » communiquée par Transparency International).

Ce tableau montre aussi que les périodes de turbulence, notamment celles qui suivent l’effondrement d’un régime en place et entraînent une “redistribution des cartes” du pouvoir, sont propices à la corruption.

Pour ce qui est de la France, selon l’Indice 2004 de Perception de la Corruption établi par Transparency International, seules l’Italie et la Grèce, parmi les sociétés européennes, font moins bien que la France.

Indice 2004 de Perception de la Corruption (IPC)
N.B. : le classement de Tansparency International porte sur un total de 133 pays. Sont classés en premier les pays considérés comme ceux où la corruption est la moins répandue.
Rang

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13

15
  Pays

Finlande
Nouvelle-Zélande
Danemark
Islande
Singapour
Suède
Suisse
Norvège
Australie
Pays-Bas
Royaume-Uni
Canada
Autriche
Luxembourg
Allemagne


16
17


20
21
22

24
25
26
27
...
42
...
49


Hong Kong
Belgique
Irlande
Etats-Unis
Chili
la Barbade
France
Espagne
Japon
Malte
Israël
Portugal

Italie

Grèce


Bref rappel de la méthodologie de T.I. ( Transparency International )

« A quelques exceptions près, les 25 premières places sont occupées par des pays « développés » d’Europe Occidentale, d’Amérique du Nord et du Pacifique. La France reste en queue de ce peloton, partageant le 23ème rang avec l’Espagne et ne devançant, parmi ces pays, que le Portugal et l’Italie, sans compter la Grèce.

… »Il faut toutefois se rappeler que l’indice ne vise que la corruption dite « passive », et plus précisément la vulnérabilité à la corruption des élus et des fonctionnaires. Elle ne couvre pas la plus ou moins grande propension des entreprises à user de la corruption ( c’est l’objet d’un autre indice ) et pas davantage l’inclination que peuvent avoir les banques à abriter et blanchir les produits de la corruption.

« Il ne faut pa non plus perdre de vue que l’enquête repose, comme les années précédentes sur des sondages, c’est à dire, faute de critères objectifs disponibles, sur des opinions recueillies principalement auprès d’hommes d’affaires, de chercheurs et d’analystes de risques.

« Le site de TI www.transparence-france.org donne les caractéristiques de chacune des enquêtes de base utilisées : nom et adresse Internet de l’institut qui l’a conduite, date et sujet de l’enquête, groupe interrogé, nombre de pays couverts et de réponses recueillies ( lesquelles se comptent en centaines ou en milliers selon les cas )».

Voir aussi en Annexe : S’il y a augmentation de la corruption autour de vous, à quoi cela vous semble-t-il dû?  

Indice 2003 de Corruption des Pays Exportateurs ( ICPE )

Au niveau mondial, selon Transparency International, cet indice « reflète la propension des pays industrialisés à payer des pots de vin dans les pays émergents».
Sont classés en premier les pays considérés comme ceux où la corruption est la moins répandue..


Rang

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
Pays

Australie
Suède
Suisse
Autriche
Canada
Pays-Bas
Belgique
Royaume-Uni

Singapour
Allemagne
Espagne


12
13

15

17
18
19
20
21
22


France
USA
Japon
Malaisie
Hong Kong
Italie
Corée du Sud
Taiwan
République Populaire de Chine
Russie
Entreprises nationales



« l’ICPE ( Indice de Corruption des Pays Exportateurs) montre que le niveau de corruption le plus flagrant est perçu comme existant dans les secteurs publics, de la construction, de l’armement et de la défense qui sont minés par une corruption endémique entretenue par des entreprises étrangères » :

Quelles professions vous semblent
les plus exposées à la corruption?

Certaines professions, certains secteurs d’activité, sont plus exposés que d’autres.

Sont souvent citées comme très “exposées” (entre autres, et sous toutes réserves): les fonctions et/ou professions suivantes:

acheteurs,
vendeurs,
fournisseurs et sous-traitants des collectivités locales,
diverses fonctions financières,
contrôleurs,
réceptionnistes de contrats de sous-traitance ou de matériaux
postes soumis aux aléas de mandats électifs,

etc. etc.

et les secteurs d’activité suivants : grande distribution,
BTP,
commerce avec les pays où la corruption est très répandue;
publicité,
contrats de formation, d’”études”;
communication,
offices publics

etc. etc.

Mais rares sont les fonctions ou professions où n’existent pas des occasions et possibilités de corruption.

Certains “clignotants” signalent parfois les “zones à risque”. Notamment:

- les marchés de gré à gré;
- les situations de monopole, public ou privé;
- les formules d’accord entraînant le règlement de commissions;
- les fonctions de négociateur offrant des possibilités d’influencer une décision.
- etc., etc.

Selon Transparency International, les secteurs les plus touchés seraient en ordre décroissant

Travaux publics et construction
Armement et Défense
Pétrole et Gaz
Biens fonciers / Immobilier
Télécommunications
Production, Transmission d’énergie
Mines
Transports / Entrepôts
Industries pharmaceutiques et soins médicaux
Industrie Lourde
Banques et finances
Aérospatiale civile
Sylviculture
Informatique
Pêche
Industrie légère
Agriculture




Les “secteurs à risque” ( professions, pays ),
faut-il éviter de s’y engager ?

Faut-il n’œuvrer que dans des ”espaces protégés”? des “Réserves” non polluées? Ou se préparer - sans dramatiser mais sans illusion - à vivre dans ce monde mélangé, se préparer et s’équiper pour vivre à coté et au milieu de cette gangrène sans se laisser gagner par elle, avec la volonté qu’un jour l’endémie soit jugulée?


Puisque les gens qui pratiquent la corruption ne sont en fin de compte qu’une minorité, convient-il de se tenir à l’écart des “zones à risque”? s’éloigner d’elles?
C’est la prudence, si l’on s’en tient à l’aspect “prophylactique” individuel.
Mais cet abandon est-il bénéfique, à terme, pour la collectivité?


 

Peut-on imaginer qu’un individu accepte d’œuvrer dans une zone à risque sans participer lui-même à ce qu’il réprouve; et que, dûment prévenu, il soit prêt à assumer - comme une vocation? - les séquelles professionnelles d’une telle attitude?
Eventuellement et par exemple:
promotions moindres que d’autres collègues moins scrupuleux?
licenciement éventuel, sous un prétexte ou un autre?
réprobation tacite ou explicite de ses collègues; voire: dédain, moqueries.

Attention: ne dramatisons pas; il arrive aussi que des responsables d’entreprises, voulant réagir contre ces dérives de l’époque, recherchent précisément des gens honnêtes pour redresser la tendance, et l’image de l’entreprise.

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