1 - Recherche - Les trucages scientifiques
2 - Blanchiment d’argent ? ou tentative d’extorsion ? RECHERCHE
Selon trois spécialistes de l’éthique les petits trucages scientifiques sont légion.
Les grandes fraudes savantes, qui font la une des journaux, sont rares. Il y a eu « l’invention » des rayons N par René Blondiot en 1903, l’affaire des souris peintes deWilliam Summerlin ( pour prouver la possibilité de greffes entre espèces distinctes ) ou récemment le cas d’Eric Poehlman «le plus grand fraudeur scientifique de l’histoire » qui a reconnu avoir falsifié des données pour obtenir des crédits fédéraux (pour un montant de 2,9 millions de dollars), inventé des malades et des données scientifiques dans plus de 15 études internationales (traitement de la ménopause). Avant eux, Galilée, Mendel, Darwin, Pasteur, Freud avaient aussi « bricolé » les données de leurs travaux. Mais au quotidien, pour les milliers de chercheurs penchés sur leurs paillasses, n’y a-t-il pas de bien plus nombreux petits arrangements discutables, des sélections arbitraires de faits observés ? Parce qu’ils considèrent que ces écarts-là sont bien plus dangereux pour l’intégrité de la science que la grande fraude avérée, Brian Martisson, Melissa Andersson et Raymond de Vries,
Sur les 3 247 chercheurs dont les réponses ont été retenues, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils sont très souvent confrontés à ces écarts. Un tiers d’entre eux avouent avoir frôlé la ligne jaune, par exemple en ne respectant pas certaines règles éthiques dans les essais cliniques humains, ou en « couvrant » des collègues utilisant sciemment des données faussées, ou en faisant des interprétations discutables de ces données. Cependant 0,3 % seulement de ces chercheurs avouent avoir un jour ou l’autre falsifié ou manipulé ces résultats, ou n’avoir pas révélé les conflits d’intérêt avec les firmes commerciales avec lesquelles ils ont des contrats. Mais 15,5 % des scientifiques avouent tout de go avoir modifié le projet, la méthodologie ou les résultats d’une étude sous la pression du promoteur finançant ce travail. Et 15 % avouent avoir «toiletté» les résultats, autrement dit avoir retiré des observations ou des chiffres qui ne leur paraissaient pas « vrais », sur la seule foi de leur instinct. Et près d’un tiers ( 27,5 %%) des chercheurs questionnés ont admis ne pas tenir les cahiers de laboratoire liés à des projets de recherche selon les normes reconnues. Dans cette liste de 6 comportements discutables, 10 correspondent à des infractions qui, si elles étaient connues de l’Office of Research Integrity, vaudraient au coupable des ennuis avec son organisme de tutelle. 33 % des chercheurs interrogés se sont rendus coupables d’au moins une faute dans la liste;
… Aujourd’hui l’INSERM dispose d’une délégation à l’intégrité scientifique dirigée par Martine Bungener (CNRS, Villejuif) avec six médiateurs régionaux. Chaque année, cette cellule reçoit des allégations crédibles dans une quinzaine de cas : « Nous sommes une boite aux lettres. Nous traitons en toute confidentialité des allégations de fraudes ou de mauvais comportements. Je suis frappée que chaque manquement à la déontologie scientifique soit toujours une situation très particulière, avec un contexte favorisant et une situation de vulnérabilité. »
Jean-Michel Bader (le Figaro, juin 2005)
2 - Blanchiment d’argent ? ou tentative d’extorsion ? N.B. -La lettre ci-dessous a été adressée, voici quelques années, à un grand nombre d’avocats, juristes etc., à tel point que le Bâtonnier du Barreau de Paris a jugé nécessaire d’émettre une circulaire de mise en garde.
Le texte est conforme au document original ; seuls les noms propre… et les fautes d’orthographe ont été modifiés. Une enquête a permis ultérieurement de découvrir qu’il s’agissait non pas d’une opération de blanchiment d’argent détourné, mais d’une escroquerie : des personnes qui avaient répondu favorablement se sont vues demander d’avancer des sommes considérables sous la menace de dénonciation et de représailles…
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